dimanche 13 avril 2008
Mieux que guérir, prévenir
Résumer le livre-thèse du professeur Luc Montagnier est une tâche aussi ardue que le combat qu'il mène pour faire comprendre à ses pairs la nécessité de prévenir la maladie avant de parvenir à l'ultime recours de tenter de guérir par la prescription.
En exergue de l'un de ses derniers chapitres, consacré aux fausses croyances sur les antioxydants, sujet itératif, fil rouge de son discours, de sa démonstration de leur pouvoir de limiter le "stress oxydant", cause du développement de biens des maux, il cite Albert Einstein, aussi subtil ironiste que physicien génial: "Il n'existe que deux choses infinies, l'univers et la bêtise humaine... mais pour l'univers, je n'ai pas de certitude absolue."
Loin de lui la négation des progrès de la chirurgie, des vaccins ou des thérapies mises en oeuvre pour combattre la maladie. C'est un fait, grâce à ces techniques des vies sont chaque jour sauvées, l'espérance de notre durée sur terre n'ayant jamais été si grande. Mais on oublie un peu vite cette pensée de Pasteur "Le microbe n'est rien, le terrain est tout." Ce serait même devenu le contraire, le microbe étant tout. Or son maître mot est la prévention.
Partant de sa découverte du virus du sida, de ses mutations successives et surtout de sa probable recrudescence, il analyse les risques épidémiques émergents à côté des maladies chroniques liées au vieillissement. "Les maladies infectieuses sont toujours là, tuant bien plus que les guerres ou les catastrophes naturelles...". De plus de nouveaux agents ont émergé: "Nous ne sommes pas à l'abri de virus sortis de l'ombre, et cela de moins en moins."
Paradoxalement, plus le système immunitaire réagit contre le virus, plus celui-ci se développe, au contraire d'un système immunitaire qui "ne verrait pas" le virus, où dès lors il ne se passe rien. Il s'agit donc d'une interaction profonde entre les deux protagonistes, due à l'intervention de cofacteurs infectieux comme les mycoplasmes. Tout se passant comme si le virus s'associait à ces mycoplasmes pour passer inaperçu, les lymphocytes se suicidant (apoptose) après avoir cru les détruire. Le virus du sida n'est donc pas ce tueur de lymphocytes comme on l'a prétendu. Il est bien plus machiavélique.
Cette découverte fascine le professeur Montagnier. Par conséquent son constat est simple: "le vaccin thérapeutique s'inscrit dans la logique des choses." mais à une condition, que le système immunitaire soit en bon état, constamment malmené par un ennemi qu'on ignore, le stress oxydant.
En aucun cas il ne s'agit de ce stress psychologique que l'on subit tous, mais de celui de nos cellules par un phénomène biochimique identique à celui qui fait apparaître la rouille, définit à la fin des années trente. Ce processus d'oxydation, dû à des atomes possédant à leur périphérie un électron baladeur, devient insupportable à l'organisme lorsque ces radicaux libres sont en excès.
Après avoir passé en revue les causes de ce stress oxydant, où l'on voit que trop de sport nuit à la santé ou qu'une maison trop bien isolée n'est pas saine, Luc Montagnier part à la cueillettes des antioxydants après s'être plongé au coeur des maladies chroniques.
Trois produits à ses yeux peuvent nous aider à lutter contre cette oxydation cellulaire qui s'amplifie à mesure que nous vieillissons: l'extrait de papaye fermentée (FPP), dont je vous laisse découvrir comment il le connut et à qui il en donna, le glutathion et la superoxyde dismutase (SOD).
On sait depuis Hiroshima que le gingko biloba est le seul arbre à survivre dans un rayon de 500 mètres du point zéro d'une explosion atomique (cet arbre est l'unique représentant d'un groupe datant de 200 millions d'années). Or l'analyse des extraits de gingko fait apparaître nombre d'antioxydants (on l'utilise en Chine dans les troubles vasculaires): "Voilà une belle illustration du pouvoir protecteur de ses éléments".
Posant un regard incisif sur la recherche en France, il regrette le peu d'intérêt porté à ces produits, qui demeurent des compléments nutritifs, et son départ de l'Institut Pasteur. La limite d'âge étant en France un couperet, il s'exila outre-atlantique pour pouvoir poursuivre ses travaux. J'aime moins en revanche lorsque par de courts moments il laisse aller sa plume vers le futur en une science-fiction que je veux croire plus souriante que réelle.
Lisez-le et suivez ses conseils. Aucune étude en double-aveugle ne les valident, mais ils peuvent vous accompagner pour une vieillesse longue et sereine. "On a beau avoir une santé de fer, on finit toujours par rouiller." Jacques Prévert.
Luc Montagnier "Les combats de la vie" chez JC Lattès, 19 euros. 330 pages avec glossaire et notes. (en collaboration avec Dominique Vialard)
Commentaires
Merci pour cette recommandation
Bonjour, et merci pour cette recommandation de lire ce livre du professeur Luc Montagnier, et merci également pour les deux citations que vous rappelez, celle d'Enstein et celle de Prévert.
Bonne journée - Pierre Gaugain.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=382693&pid=8805098
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :
